Combat de Montebello (20 mai 1859)
par jean-paul kirkbride
COMBAT DE MONTEBELLO (20 MAI 1859)
Le 30 mai, au matin, les brigades autrichiennes, destinées à concourir à la grande reconnaissance, se mirent en mouvement pour marcher sur Voghera.
Au lieu de chercher à percer les avant-postes ennemis sur un seul point, le comte Stadion partage ses 22 000 hommes en trois colonnes : la colonne de droite, sous les ordres du prince de Hesse, doit, par Branduzzo, passer la Staffora à Oriolo et déboucher sur Voghera par le nord, pendant que la colonne du centre, sous Baumgartten, doit s’y porter par Casatisma. Le général Urban, avec la colonne de gauche, s’avance sur Casteggio, mais avec ordre de se tenir constamment à la hauteur des deux autres colonnes.
La marche des deux premières colonnes est retardée par des causes diverses. Urban, au contraire, arrive de bonne heure à Casteggio et, malgré les ordres reçus, prend sur lui d’occuper Montebello et Genestrello, repoussant devant lui les escadrons sardes qui couvraient la division Forey (du 1er corps). Cette division occupait Voghera avec des avant-postes à Oriolo et sur les bords du ruisseau le Fossagazzo. Averti à midi et demi, le général Forey, malgré son infériorité numérique, se décide à fondre avec toutes ses forces sur les troupes d’Urban, sans s’occuper des deux autres colonnes encore hors de portée. Prenant une offensive hardie (1), le général Forey, bien secondé par la cavalerie sarde (de Sonnatz), enlève successivement les lignes du Fossagazzo, Genestrello et rejette les Autrichiens sur Montebello.
Le comte Stadion concentre toutes les troupes qu’il peut réunir et se fortifie dans Montebello, bourgade située sur une éminence et qui, avec ses édifices massifs, son cimetière entouré de murailles, semble se prêter à une défense vigoureuse.
Il était quatre heures et demie. Encore une fois, le général Forey paye d’audace et n’hésite pas à attaquer cette formidable position, car, pour lui, la retraite serait désastreuse.
Combinant une attaque de front avec une attaque de flanc, il lance ses soldats contre les troupes autrichiennes massées autour de Montebello. Après maints combats partiels dans les rues, dans les jardins, dans les maisons même, les Autrichiens furent acculés dans le cimetière qu’ils avaient transformé en un véritable réduit. Ils y firent une dernière résistance, puis battent en retraite sur Casteggio.
Loin de poursuivre l’ennemi, Forey, dont les troupes étaient épuisées par cette lutte acharnée, regagna dans la nuit ses cantonnements de Voghera. Il avait perdu 700 hommes pendant que les Autrichiens accusèrent une perte de 1 200 hommes.

(1) L’offensive est un des traits caractéristiques des opérations françaises dans cette campagne.