Guerre d’Italie (26 avril au 12 juillet 1859)

dimanche 4 janvier 2009
par jean-paul kirkbride

RESUME DES OPERATION

Dès le mois de mars, l’Autriche et le Piémont mobilisèrent leurs troupes et bientôt l’Autriche, rejetant les offres de médiation des grandes puissances, adressa au Piémont un ultimatum par lequel elle le sommait de désarmer dans le délai de 3 jours. Sur le refus de Victor-Emmanuel la guerre se trouva ainsi déclarée (26 avril 1859).

L’armée autrichienne (100 000 hommes), divisée en 5 corps, sous les ordres du feld-maréchal Giulay, franchit le Tessin lentement (29 avril). Elle s’établit dans le quadrilatère formé par le Tessin, le Pô, la Sésia, la ligne de Verceil à Novare, avec Mortara pour centre ; mais elle laisse échapper l’occasion d’entamer, avant l’arrivée des Français, l’armée sarde (piémontaise). Celle-ci, sous le commandement du roi Victor-Emmanuel II, forte de 60 000 hommes, est établie derrière la Doria-Baltéa pour couvrir Turin. L’armée française (116 000 hommes) pénétra en Italie par deux voies opposées, dans les premiers jours de mai : le 3e et le 4e corps (Canrobert et Niel) arrivent par le Mt Cenis et le Mt Genièvre sur Turin ; le 1er et le 2e (Baraguay d’Hilliers et Mac-Mahon), avec l’Empereur, qui va prendre le commandement en chef, débarquent à Gênes et se concentrent sur Alexandrie.

A peine arrivé, Canrobert fait accepter un plan aussi habile qu’audacieux : au lieu de couvrir Turin par la ligne mal choisie de la Doria-Baltéa, on la protégera en prenant une position de flanc sur la gauche de l’armée autrichienne, entre Casale et Alexandrie, où se joindront les deux moitiés de l’armée franco-sarde. Cette opération, heureusement exécutée, vers le 15 mai, a deux avantages : elle pare au danger de laisser couper nos forces en deux tronçons ; elle entretiendra l’ennemi dans une erreur où il persistera longtemps.

En effet, Giulay s’est imaginé que les forces alliées vont recommencer les opérations de Bonaparte en 1796, c’est à dire, suivre la rive droite du Pô et franchir ce fleuve à Plaisance, afin de tourner les Autrichiens. En conséquence, il se décida à abandonner toute idée d’offensive contre Turin ; il évacue définitivement Verceil le 19 mai, et, pour se rapprocher du théâtre supposé des opérations futures, transporte son quartier général de Mortara à Garlasco, dégarnissant en même temps sa droite et son centre (Novare, Mortara) pour porter le gros de ses forces à gauche.

Pour éclairer la situation il résolut d’opérer, sur la rive droite du Pô, une grande reconnaissance offensive qui permettrait de se renseigner sur les forces et les positions réelles des alliés. Deux divisions (22 000 hommes) sous le commandement du comte Stadion furent désignées pour remplir ce dessein, ce qui amena le combat de Montebello. La belle résistance opposée au comte Stadion, à Montebello, par la division Forey, fit croire aux Autrichiens qu’ils avaient eu affaire à tout le 1er corps renforcé d’une brigade sarde (40 000 hommes au moins).

Cette erreur confirmait Giulay dans sa supposition que l’armée française se préparait à traverser le Pô à Plaisance. Pour maintenir Giulay dans son erreur, l’Empereur concentre les différents corps français sur sa droite, puis brusquement, en utilisant les routes et les chemins de fer d’Alexandrie à Verceil, par Valenza et Casale, et en se couvrant du Pô et de la Sésia comme d’un rideau, il fait exécuter à tous ses corps une marche de flanc de plus de 100 kilomètres qui lui permettra de déborder la droite autrichienne et de surprendre le passage du Tessin pour se porter ensuite sur Milan. Cette marche s’effectuera à l’insu de l’ennemi du 21 au 31 mai. Le 1er corps seul devait rester à Voghera pour continuer à donner le change aux Autrichiens. L’armée sarde qui formait notre aile gauche reçut pour mission de masquer le mouvement des troupes françaises en occupant Verceil, et en chassant de la rive gauche de la Sésia l’exécution droite autrichienne qui occupait Palestro.

Le 29, Verceil est occupé : le 30, Victor-Emmanuel franchit la Sésia et se heurte aux Autrichiens à Palestro. Tandis que se livrent ces combats, l’armée continue son mouvement tournant, et le 31 mai, l’Empereur établit son quartier général à Novare d’où on avait chassé la faible garnison autrichienne, et Giulay, revenu enfin de son erreur, se replie en toute hâte derrière le Tessin qu’il choisit comme ligne de défense.

Restait donc à surprendre le passage du Tessin. Le 2 juin, les divisions Espinase et Camou se portent, la 1ere sur San Martino, la 2eme sur Turbigo où elle prend pied sur la rive gauche de la rivière.

Le lendemain, le 3, le corps de Mac-Mahon franchit le Tessin à Turbigo et, pour dégager les débouchés, livre le combat de Robecchetto sur Magenta et de tomber sur le flanc droit des Autrichiens en position derrière le Tessin et que le reste de l’armée allait attaquer de front par San Martino.

Le 4 juin s’engage la bataille de Magenta qu’aucun des deux adversaires n’avait prévue pour ce jour là.

Le 7, l’armée française victorieuse entre dans Milan au milieu d’une population ivre de joie. Le 8, l’armée autrichienne battait en retraite sur Mantoue, mais le général Benedek qui couvrait la retraite fut atteint et battu au combat de Melegnano (Marignan).

Pendant ces opérations, deux opérations, accessoires, mais non sans importance, se poursuivaient au nord et au sud. Au nord, les chasseurs des Alpes, sous Garibaldi, longeaient les Alpes par Romagnano, Sesto-Calende, Varèse, Côme, et quoique un moment en grand péril, inquiétaient la retraite des Autrichiens. Au sud, le 5e corps (Prince Jérôme Napoléon) complété en Toscane, franchissait, après Magenta, l’Appenin et le Pô, en avant de Parme, et venait menacer la gauche autrichienne. Le 3 juillet, il arrivait à Goïto, alors que la fin de la guerre approchait. Il avait rempli un rôle ingrat, mais qui ne fut pas sans utilité.

Le 19, les Autrichiens arrivés derrière la Chiese se décidèrent à défendre le cours de cette rivière, en prenant position sur la ligne de hauteurs qui se développent au sud du lac de Garde. A peine ce projet semblait-il arrêté qu’ils craignirent de livrer bataille avec le Mincio à dos. Aussi l’ordre fut-il donné d’abandonner la ligne de la Cheses et le 20 on passa le Mincio, qui sembla dès lors la ligne de défense adoptée.

Pendant ce temps, l’armée alliée après avoir franchi l’Adda, l’Oglio, la Chiese, s’établit (23 juin) sur la rive gauche de cette rivière : les Sardes entre Lonato et Rivoltella, l’armée française entre Lonato, Essenta et Carpenedolo. Le même jour (23), les Autrichiens, reconstitués en deux armées, sous le commandement de l’Empereur François-Joseph, avaient résolu de repasser le Mincio, et vers le soir Guidizzolo. Les deux armées campèrent, pendant la nuit du 23 au 24, à deux lieues de distance à peine, dans une sécurité qui confond. L’ordre de marche du 24 amène la bataille de Solférino. L’armée alliée franchit ensuite le Mincio (1er juillet), et entra dans le fameux quadrilatère ; les Piémontais mettent le siège devant Peschiera, notre flotte, entrée dans l’Adriatique, menace Venise et Garibaldi se montre à Tirano. Une bataille décisive paraissait imminente quand un armistice, proposé par Napoléon III, amena la paix qui fut signée le 12 juillet à Villafranca.


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